Mon premier projet de couture : un tablier croisé dans le dos pour la cuisine ou les projets d’art. Au lieu de chercher un modèle sur le web, j’allais improviser en prenant inspiration du tablier d’une amie que j’ai toujours trouvé plutôt joli. J’ai donc commencé avec un esquisse rapide de ce que je voulais dans mon journal. En voulant le garder aussi simple que possible, j'ai décidé d'utiliser trois rectangles de lin (un grand, deux petits) et, pour estimer la tailler de ces rectangles, j'ai pris quelques mesures sur mon corps. J’avais moins de 1,5 mètre de lin, donc j’ai décidé, une fois le grand rectangle coupé, que j’utiliserais ce qui me resterait pour créer les liens du dos croisé.

Comme on peut voir dans cette capture d’une page de mon cahier du 15 ou du 16 avril, au début je pensais ajouter une doublure en coton. Mais le très joli coton bleu vert que j’envisageais a rétréci assez dramatiquement au lavage à l’eau froide, donc, en figurant que le lin serait assez épais, j’ai décidé de le conserver pour un autre projet.

(Pour Gersande du futur: une fois mon présent cahier terminé je crois que je vais avoir besoin d’un journal avec des pages quadrillées pour mes projets de crochet et de couture…)

Observations des premières heures de ce projet :

  • Couper le tissu pour la première fois m'a honne, exacerbé par le fait que j’avais pas beaucoup de tissu et toute erreur signifierait la fin du projet.
  • J’ai utilisé ma table à dessin pour effectuer les mesures et pour couper le tissu, et j’ai réalisé que malgré ses dimensions (60 cm x 98 cm) parfaites (ou presque) pour le dessin, cette table ne convient pas vraiment la couture. Si jamais j’ai un patron de plus d’un mètre, je vais vraiment avoir de le misère.
  • Je n’avais jamais pris mes propres mesures avant ce projet, et avant de piquer le tissu je voulais m’assurer que le tablier m’irait et que les liens en arrières se croiseraient comme il faut. Le plus grand miroir que j’ai est un tout petit au-dessous du lavabo dans la salle de bain donc j’ai du me contenter de selfies prises à des angles très peu flatteurs!
  • Je ne savais pas que l’on pouvait coudre à la main de manière temporaire (points de bâti) pour garder les pièces ensembles pendant les mesures et l’essayage — je me sens un peu conne parce que j’avais utilisé des épingles pour retourner les valeurs de couture et je n’arrêtais pas de me piquer avec chaque fois que je mettais le tablier sur moi pour checker les mesures.‌‌Après tout ça j’ai sorti ma machine à coudre, et j’avais une idée pas trop nébuleuse où j’allais piquer le tissu, même si je ne savais pas trop comment le faire. Donc, avec la valeur de couture retournée en haut du grand carré, j’ai googlé « comment ourler avec une machine à coudre » et j’ai commencé comme ça.

Quelques heures plus tard, j’ai décidé que je n’aimais pas trop l’apparence carrée du tablier donc j’ai décidé que j’allais faire une nouvelle coupe pour lui donner une silhouette plus intéressante. Après avoir pris quelques nouvelles mesures, j’ai aussi comparé mon tablier avec un des tabliers de cuisine de Leif pour décider comment couper.

Le seul problème avec cette nouvelle coupure c’est que maintenant je ne savais pas comment ourler un bord arrondi, et puisque je trouvais ça compliqué avec la machine, j’ai décidé de le tenter à la main. J’ai trouvé ce vidéo de Bernadette Banner sur le hand-felling (en anglais) plutôt clair. J’ai réalisé pendant cette aventure que je n’ai aucun talent pour coudre à la main !

Grâce aux instructions dans le livre* que j’avais et mes mesures du début, j’avais une idée de comment je voulais attacher les liens en arrière pour créer le dos croisé, et ensuite j’ai décidé qu’on bon tablier, c’est un tablier avec deux poches. J’ai décidé que pour faire un joli contraste, j’allais utiliser ce coton bleu vert. Malheureusement le résultat esthétique n’est pas très réussi, mais les poches plaquées sont solidement attachées.

Quelques pensées maintenant que j’ai terminé mon projet de tablier:

  • Coudre à la main : j’ai trouvé ça plutôt méditatif quand je n’étais pas en train de me débattre avec ! Par contre, c’est très difficile de coudre en ligne droite, et bien en parallèle avec le bord du tissu. Autre réalisation: il y a apparemment une bonne et une mauvaise façon d’enfiler une aiguille.
  • Coudre à la machine va prendre autant de pratique que de coudre à la main, et même si coudre en ligne droite est plus facile je trouve que c’est quand même difficile de coudre en parallèle ou perpendiculairement avec le tissu sans tirer trop sur l’aiguille ou le tissu — et ça cause des lignes qui partent dans des drôles de directions.
  • J’ai pas vraiment adoré travailler avec le coton après le lin. J’ai trouvé le coton beaucoup plus élastique et moins commode. Après avoir passé du temps à travailler avec le lin, j’ai dû comme réapprendre comment utiliser ma machine à coudre avec ce tissu.
  • Puisque je partais de zéro, voici quelque termes du vocabulaire et technique de la couture que j’ai dû apprendre pour ce projet: c’est quoi un ourlet, et pourquoi un «hem» (ourlet en anglais) c’est pas la même chose qu’un «seam», pourquoi le droit du fil du tissu est important, comment créer des poches plaquées (révolutionnaire!), et aussi comment ne pas accidentellement piquer pleins de trucs ensemble avec la machine à coudre !

Voici donc le premier projet que j’ai pu compléter depuis le début de l’isolement il y a 5 semaines. Pour mon premier projet de couture, je suis plutôt fièr du résultat même s’il n’est pas nécessairement le plus beau du monde. Et, c’est un petit vêtement utile et durable! Faut dire comment ça fait du bien de faire quelque chose d’utile avec ses propres mains ! Voici quelques photos du résultat final:

* Livre: j’ai acheté un exemplaire du livre (traduit de l’anglais) La Bible de la Couture d’Anette Fischer. Je l’aime beaucoup pour les descriptions, illustrations, et nombreuses explications de base.