Les coups de cœur de ma lecture de 2021

Je me suis épatéę un peu cette année! En décembre 2020, je me suis donnéę comme objectif très raisonnable de lire 1,833~ livres par mois parce que j'avais l'impression que j'allais être submergéę (et j'avais pas du tout tort!) Le gros total des livres que j'ai lu pour moi – et non pour le travail ou mes projets de recherche – est un très respectable 55!

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En plus de noter ma lecture dans mon BuJo, j'ai aussi utilisé l'appli StoryGraph pour suivre ma lecture. J'adore regarder les données sur StoryGraph qui montrent mes habitudes de lectures à travers les mois de 2021!  

Avec les données du StoryGraph et mes notes dans mon BuJo, je sais que mes mois de lecture les plus productifs en 2021 ont été les mois de février, mars, avril et juin. Mon « pire » mois de lecture a été septembre, avec deux livres lus d'un bout à l'autre, fait logique puisque septembre et octobre sont de loin mes deux mois les plus chargés de l'année. Mais comme j'ai réussi à dépasser mon objectif de lecture de 1,8333~ livres par mois, je me sens plutôt bien avec ce résultat.

Bon, ça suffit pour mes vantardises, passons aux livres:

Le meilleur remix mythologique: Circe de Madeline Miller

J'ai commencé l'année avec cette puissante réinterprétation des mythes grecs qui prend pour personnage principal la légendaire sorcière odysséenne Circé. Le roman était fantastique : éthéré et pourtant extrêmement terrestre, fascinant, vengeur. À travers Circé, au-delà de l'exploration des thèmes mythologiques du point de vue d'une femme, le livre porte également un regard profond sur la solitude et de l'exil, et sur les façons dont les sociétés et les communautés s'adaptent pour garder sous leur contrôle les femmes puissantes, voir insoumises. Un livre que je suis impatientę de relire!

La meilleure création d'un mythe familial: Butter Honey Pig Bread de Francesca Ekwuyasi

J'ai donné mon avis sur ce roman épanoui d'Ekwuyasi en mars de cette année sur ma chaîne YouTube. Ce roman a été l'un des plus marquants de mes lectures cette année (il a également été choisi pour le concours CBC Canada Reads cette année, et il le méritait!) L'histoire suit la vie de deux jumelles, Kehinde et Taiye, qui ont une relation turbulente avec leur mère et dont la vie les amène à vivre très loin l'une de l'autre, les distances géographiques et les frontières internationales reflétant les différences émotionnelles et expérientielles qui se développent entre les sœurs. J'ai trouvé les histoires des jumelles extrêmement bien dessinées et parfois douloureusement familières à ma propre relation avec ma famille. Dans les mois depuis ma lecture du roman d'Ekwuyasi, j'ai souvent repensé à certaines parties du roman, et j'ai vraiment hâte de le relire. Et les descriptions du beurre! Délicieux.

Meilleure tissage de l'histoire et de l'invention dans un roman historique: Moi, Tituba Sorcière de Maryse Condé

Maryse Condé est une lumière de l'univers littéraire qui passe souvent sous le radar dans le monde anglo-saxon. J'ai lu ce livre au secondaire et ça faisait très longtemps que je voulais prendre le temps de le relire maintenant que je suis un peu mieux informéę sur la traite transatlantique, la Nouvelle-Angleterre puritaine, et les circonstances entourant le procès des sorcières de Salem. Dans ce fameux roman, Condé se consacre à la figure historique Tituba, marginalisée par l'histoire et le célèbre pièce de théâtre d'Arthur Miller, cette femme designée comme bouc émissaire et emprisonnée dans le Massachusettes après le procès des sorcières en 1692 à Salem. Sa vie avant et après ces évènements n'a pas été jugée digne d'intérêt par l'histoire, et à travers le roman Condé rectifie cette situation. Le livre décrit le début de sa vie à la Barbade, jusqu'aux circonstances qui l'ont amené à Salem en tant qu'esclave du pasteur Samuel Parris, et décrit même sa vie après qu'elle ait été jetée en prison pour être ensuite vendue à nouveau. Condé porte un regard critique et tranchante sur les politiques impériales et coloniales d'hier et d'aujourd'hui, et présente un portrait déchirant de la violence et des abus religieux, sexistes, et racistes, que nous pourront encore reconnaitre aujourd'hui. Ce livre est tout simplement excellent, Condé défie les genres et son roman, par dessus tout, reste en tout temps résolument humain.

Meilleur mindfuck épistolaire: Piranesi de Susanna Clarke

J'ai essayé - et franchement échoué - de décrire l'effet que Piranèse de Susanna Clarke a eu sur moi dans mon vlog de lecture au mois de mai sur YouTube. Je ne sais toujours pas comment décrire ce livre. Il m'a rappelé des jeux Riven et Myst. Il m'a rappelé certaines des parties les plus stimulantes du Neveu du magicien de C.S. Lewis. Il m'a rappelé les mythes grecs entourant le minotaure et le labyrinthe. Mais il reste un livre complet et unique en son genre. J'ai aussi aimé son format épistolaire et son narrateur peu fiable. Mystère, tension, beauté, Piranesi est un petit livre absolument engloutissant.

Meilleur histoire de supervilain: Hench de Natalie Zina Walschots

J'ai abordé tous mes nombreux sentiments à l'égard de Hench dans mon vlog du mois de mars. Ce livre a vraiment été un coup de cœur pour moi cette année. Il traite de l'amertume d'être handicapé, ainsi que les façons parfois surprenante qu'on réussi à trouver connexion et notre voie dans ce monde. Ce livre sarcastique et parfois un peu sombre remet aussi profondément en question les liens étroits entre les récits de super-héros modernes et le complexe militaro-industriel, et semble intrinsèquement conscient que si les super-héros existaient, ça serait probablement un désastre pour la plupart. Un autre roman que j'ai hâte de relire!

PS: Bon, aussi j'avoue que je ship encore (en utilisant leurs pseudonymes afin d'éviter les spoilers) The Auditor et Decoherence (je sais, je sais, j'ai un type!) et je suis encore un peu triste que mon ship ne sera pas canon. Où est ma fanfiction?

Meilleur bildungsroman: Le Plongeur de Stéphane Larue

Le livre s'ouvre sur un hiver froid et glacial à Montréal, en 2002. Notre narrateur est un jeune étudiant de dix-neuf ans qui est venu à Montréal pour étudier le graphisme et l'illustration, mais qui, à la place, a réussi à dépenser tout l'argent de son loyer ainsi que de celui de son ex et de ses amis sur des machines de vidéo poker. Sa dépendance au poker devenue incontrôlable, le narrateur cherche maintenant une job pour survivre. Il déniche le poste de plongeur dans un restaurant italien luxueux sous la protection du rude et parfois un peu douteux Bébert. À travers le récit, Stéphane Larue explore toutes sortes de dépendances avec énormément de compassion. Même lorsque son narrateur est à son plus impuissant et plus blessant, ce roman autobiographique est si touchant qu'on peut seulement espérer qu'il va réussir à sortir finalement du labyrinthe qui s'est créé dans son esprit (avec un grand coup de main de ces machins-pièges de Loto-Québec). Un livre que je conseille fortement à tous.

Meilleur ouvrage de non-fiction: The Hidden Lives of Trees de Peter Wohlleben

Un livre onirique et fascinant qui dévoile la science peu connue qui cherche à mieux comprendre non seulement la biologie des arbres, mais la biologie des forêts comme communauté d'arbres. J'avoue qu'il fallait parfois que j'interrompe ma lecture parce que, confronté à ces faits en évolution, mon angoisse quand à l'inhumanité de la gestion des forêts, particulièrement au Canada, arrivait souvent à prendre le dessus. J'espère que ce livre me guidera pour devenir un meilleur compagnon des arbres, où que je les rencontre.

Une photo de mon Bullet Journal où j'ai repertorié tous les livres que j'ai lu au cours de 2021.

Quelques notes pour conclure

Bien que je me suis fixé un objectif raisonnable de livres à lire, j'ai eu l'idée en janvier de tenter de lire l'intégralité du Discworld de Terry Pratchett pour la première fois. Je ne les ai pas lus dans l'ordre de leur publication, mais dans l'ordre de celui qui m'intriguait le plus. J'ai vraiment apprécié Witches Abroad et Equal Rites, et j'ai lu de nombreux autres au début de l'année. Mais au milieu de l'été, j'ai lu Mort et j'ai réalisé que le livre ne m'avait pas touché. Je voyais bien ce que Pratchett voulait faire, mais j'avais du mal à m'investir dans l'histoire, les personnages ou le monde du Discworld. Peut-être trop de Pratchett en trop peu de temps? Improbable mais pas impossible, je suppose! J'ai décidé de revenir à l'univers de Pratchett à une date ultérieure. Pas de pression. La série sera là quand je serai prêt à m'y remettre.

Je me suis également donnéę pour objectif de lire les séries du Sorceleur et de Earthsea, mais je n'ai pas vraiment avancé. J'ai lu les trois premiers livres du Sorceleur et les deux premiers livres d'Earthsea. Mais je pense que j'avais du mal à maintenir ce genre de concentration pendant des mois et des mois. Je découvre que je préfère souvent que mes livres soient une expérience parfaitement complète, avec un début et une fin par volume. J'ai plus vraiment la motivation pour les longues séries.

Une chose que j'ai remarquée cette année: comme je lisais beaucoup de textes sociologiques ou d'histoire pour le travail et mes projets d'écriture, je n'ai pas lu beaucoup de littérature non romanesque pour le plaisir. C'est logique, même si j'aimerais peut-être en lire plus l'année prochaine.

J'ai également été un peu déçue du nombre de livres français comparé aux livres anglais: 11 livres français pour 44 livres anglais. J'aimerais faire mieux l'année prochaine.

Pour 2022, je me donne à nouveau un objectif modeste à lire au moins deux livres par mois. Comme j'ai trouvé cette année, c'est un objectif très réalisable pour 2022!

Et comment s'est passée ta lecture cette année? Quelles ont été tes meilleures lectures et tes plus grandes déceptions? Bonne lecture pour le nouvel an!

Gersande La Flèche

Gersande La Flèche

De jour je conseille mes clientEs sur la rédaction, révision & je traduis à la pige de l'anglais au français. La nuit (ou à l'aube, je suis matinalę) je griffonne poésie et histoire, en buvant du thé!
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