C’est une vérité presque incontestable que toute personne souffrant de maladies chroniques avec des composantes psychologiques doit avoir besoin que quelqu’un lui suggère avec hâte: « As-tu déjà essayé la méditation et le yoga? »

Ça fait longtemps que je n’hésite plus à avouer que la raison que je n’aime pas la méditation est parce que la pratique a déjà par le passé déclenché de méchantes attaques de panique, ainsi que ma dysphorie de genre et de corps. La réponse que je reçois la majorité du temps est heureusement plutôt respectueuse (ou au moins respectueusement modérée), mais il y a certainement une petite minorité qui refuse d’accepter la possibilité que la méditation ne soit pas une pratique universelle.

Au fil des années, j’ai pu entendre toutes les possibilités de réfutations, critiques, et jugements imaginables de celleux qui refusent de me croire sur parole quand je leur explique que la méditation m’a déjà causé des problèmes sérieux dans le passé. J’ai consacré assez de mon temps à essayer (et à lire sur le sujet de) la méditation pour savoir qu’elle n’est pas pour moi — tout au moins pour le moment, et peut-être même pour toujours. Néanmoins, les explications que j’approche la pratique complètement du mauvais bord et « pourquoi n’essayes-tu pas la bonne méditation » ne tardent jamais à venir.

Franchement, en bout du compte, ça peut vraiment énerver! Peu importe les intentions de la personne suggérant le sujet, la conversation me force dans la position inconfortable d’expliquer en détail des faits plutôt intimes sur ma santé, mon corps et mon esprit. Et je suis souvent incapable de mener à fin la conversation ou de faire respecter mes limites très concrètes sans révéler de manière abrupte que j’ai déjà essayé la méditation, oui cette variété de méditation, et que oui ça m’a causé une attaque de panique, oui une vraie attaque de panique, je n’utilise pas le terme hyperboliquement!

Il n’existe pas d’expérience universelle. Certaines pratiques qui peuvent être incroyablement importantes pour le bien-être d’une personne peuvent mal traduire à l’esprit et au corps d’une autre. Je souhaite tout simplement que mes explications sur la vérité de mes expériences soient respectées avec compassion et sans jugement.

Il semble qu’il y a finalement quelques recherches qui envisagent que la méditation, enseignée comme elle l’est dans l’occident, n’est pas pour tout le monde. À noter que ces études sont encore très préliminaires et n’offrent aucune explication concrète, mais je les partage ici parce qu’elles résonnent. Les articles sont malheureusement en anglais — je n’ai pas eu assez de temps cette semaine pour trouver des articles similaires en français, mais j’espère qu’ils existent, car les perspectives culturelles françaises, de l’Amérique ou du reste de la francophonie, m’intéressent beaucoup.