Comment est-ce qu'on est déjà le 18 août? Saperlotte! Je me suis réveillée ce matin avec la goût de boire un Earl Grey chaud avec un tout petit peu de citron pour la première fois depuis des mois, et ça c'est toujours un signe que malgré la chaleur, la saison va se refroidir bientôt...

Je me trouve dans un véritable tourbillon de travail pour mes client∙e∙s depuis mon retour en ville en début juillet. Ça va plutôt bien, malgré mon horaire chargé, car j'ai de la chance de travailler sur quelques projets pas mal cool. Comme c'est agréable quand le travail n'est pas un fiasco total! 😂

→ Read this post in English

J'ai finalement envoyé un nouveau Irréductible Langagièr (mon infolettre de travail) il y a quelques jours et ça me rassure un peu que je suis capable de le mettre à jour plus qu'une fois par an! J'avoue que ça me préoccupait un peu quand j'ai décidé de créer une infolettre pour accompagner ma pratique à la pige... Enfin, tout va bien de ce côté-là! Et, pour celleux qui attendent la prochaine épisode de mon vlog sur ma chaîne Youtube, je vous promets que ça s'en vient aussi — j'ai publié une petite mÀj sur mon Patreon il y a quelques jours avec plus de détails, à lire si ça vous intéresse!

Une photo de moi buvant du thé dans le parc.

Du côté social, maintenant que ça fait un bout que j'ai reçu ma deuxième vaccination, je commence peu à peu de revoir mes ami∙e∙s au parc pour la première fois en 18 mois, en organisant des pique-niques lorsque la température n'est pas comme un sauna. Je suis alléę au transanniversaire d'un vieil ami il y a quinze jours et voir un si grand nombre de visages que je n'avais pas vus en personne depuis au moins le mois de mars 2020, sinon plus encore, était si rassurant et merveilleux! Ces rencontres me remplissent d'énergie et de bonheur. J'ai toujours été une personne introvertie, et normalement les événements sociaux m'aplatissent complètement, même si j'adore mes ami∙e∙s. C'est définitivement un signe que l'isolement de la dernière année et demie a eu un effet, même si je l'ai plutôt bien toléré. Enfin, plutôt!

Une photo de moi au parc, devant un étang.

Puis, le week-end dernier, je suis alléę à la démo pour la Fierté et c'était définitivement cathartique! J'ai un peu honte de l'admettre, mais je ne suis pas alléę à une marche pour la Fierté depuis Boston en 2013[1]. Boston 2013 avait été une expérience ...déchirante. Pour des années après, la Fierté est devenue quelque chose que je contemplais avec une profonde insatisfaction. J'avais l'impression que notre fierté c'était fait récupérée par une volonté commerciale honnêtement grossière. Je ne ressentais plus rien de positif envers l'événement. Puis, sinon je travaillais ou j'étais simplement pas à Montréal au milieu du mois d'août et, comme ça, huit ans ont filé.

Cette année, la Fierté a été joyeuse du début à la fin, et ça malgré la chaleur accablante sur l'asphalte (dieux merci pour la glace baklava divine d'Unicone qu'on a mangé après!) Au début, en attendant à l'extérieur du métro Mont-Royal que le reste de mon groupe arrive, j'ai passé un moment très amusant à regarder toustes les jeunes bb queers et trans qui sortaient du métro, dans leurs beaux costumes fantaisistes pour la Fierté. Il y avait tant d'inventivité, de couleurs et de joie! Je souriais tellement que j'avais mal au visage. Et pendant la démo, j'ai passé un très beau moment avec mes ami∙e∙s, et j'ai rencontré plein de monde que je n'avais pas vu depuis des années. J'aurais aimé voir plus de masques sur les visages, c'était quand même une grande foule. En marchant vers l'est sur René-Lévesque, j'ai honnêtement eu l'impression que plus de 100 000 personnes[2] étaient sur le boulevard. Quand la minute de silence s'est brisée, le bruit comme le tonnerre de toutes nos voix ensemble entre les grands immeubles sur le boulevard m'a donné la chair de poule. Une première pour moi de toutes les marches des fiertés auxquelles j'ai participé! En dehors d'un léger manque de musique (merci à toustes celleux qui ont apporté leurs instruments!), c'était tellement agréable de marcher sans que cela se transforme en parade commerciale. Cette année, Fierté Montréal ressemblait davantage à une démo à cause de la pandémie, mais elle me semblait tellement plus communautaire et authentique! Peut-être que c'est juste la conséquence naturelle d'être soudainement entouréę de dizaines de milliers (facilement) de personnes queer et trans après des mois et des mois de solitude. Mais j'ai quand même l'impression que c'était plus que ça.

L'égoportrait (selfie) de mes amies et moi à la Fierté.

Bon, je commence à avoir sommeil et j'ai eu une grosse journée, alors terminons en listant quelques souhaits pour le reste du mois. Avant la fin de l'été, voici ce que j'aimerais faire:

  • Je me remets au ballet! Pour la première fois en dix ans, je suis de retour au studio! Mon premier cours a été un peu dramatique (spoiler : devinez qui s'est évanouię? Oups...), mais j'y vais chaque semaine et à part cette première classe un peu dramatique, tout se passe bien! Je suis physiquement épuiséę ces jours-ci (ah la chaleur qui empêche de dormir!) et j'essaie de ne pas en faire trop, mais je me sens très motivéę!
  • Quelques événements ont eu lieu cet été qui m'ont poussé à réfléchir sur le genre, et plus particulièrement sur mon genre. Je pensais écrire une série de billets pour ce blogue à propos de tout ça, mais peut-être je devrais essayer de les écrire plus comme un essai personnel plus long et essayer de le faire publier par... ? Argh, je me sens vraiment ambivalentę. Je ne sais pas comment me sentir entre l'idée de visibilité/vivre à voix haute/«monétiser mes expériences personnelles» et le sentiment de ne pas vouloir être encore plus visible en ligne que je ne le suis déjà, car honnêtement, toutes formes de visibilité comporte de vrais risques et, sur le plan professionnel, je déteste tellement qu'on me place dans un case rigide. Bon, disons que j'ai des idées et beaucoup d'indécision. Passons.
  • L'été s'achève petit à petit et je n'ai pratiquement rien cousu depuis des mois! C'est un peu décevant puisque j'avais acheté un tas de tissus en solde l'hiver dernier pour me faire des vêtements d'été. Je blâme le travail! J'ai deux vêtements à moitié assemblés, et j'aimerais les terminer avant septembre... mais je doute avoir assez de temps. Disons que c'est un stretch goal. (Aussi, si les billets sur mes aventures en tant que débutantę dans le monde de la couture t'amusent, indique-le-moi!)
  • Au cours des cinq dernières semaines, je n'ai pas eu le temps d'ouvrir mon programme Scrivener et de jeter un coup d'œil sur mon gros projet d'écriture et ça me déprime un peu. Je commence à me demander si je n'ai pas eu les yeux plus gros que le ventre avec... tout ce que je fais, au fait. Le travail se calme enfin un peu (avant que le rush habituel de la rentrée ne commence, en tout cas), alors j'espère prendre un jour ou deux cette semaine pour m'asseoir avec tout ce que je fais et essayer d'imaginer les prochaines étapes et comment tout planifier pour que je puisse faire ce que je veux faire et ne pas me sentir spirituellement et artistiquement écraséę. C'est plate la gestion du temps!

Bon, avant que je ne commence à divaguer encore plus, je vais conclure le billet ici. Si tu t'es rendu jusqu'ici, merci beaucoup d'être témoin de tout mon chaos intérieur! J'espère que, où que tu sois dans le monde, ton mois d'août va bien et que tu peux prendre tout le temps nécessaire pour te reposer avant la rentrée.

Namarië,
Gersande


  1. Sauf une très brève promenade à travers la Dyke March de Cologne, en Allemagne, en 2019... (Faut imaginer Gersande, souriantę et ravię, marchant à travers la foule après un très long trajet en train, tandis que les gentils petits hétéros à mes côtés avaient l'air un peu... ébouriffés...) ↩︎

  2. Je n'ai aucune idée du nombre réel de personnes présentes, mais ayant déjà assisté à des manifs de 150 000 à 220 000 personnes, Fierté 2021 m'a semblé moins fréquenté, mais pas de beaucoup? Encore une fois, ce n'est qu'une impression, je n'ai rien de quantitatif pour le prouver. ↩︎