Ça fait un an depuis que j’ai (re)commencé le ballet à 30 ans

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Aujourd’hui, le 3 aout, ça fait exactement un an depuis que j’ai repris le ballet. Je devrais probablement dire commencer le ballet, puisque la danse que j’ai faite enfant (j’étais une petite souris dans Cendrillon!) et que j’ai faite de temps en temps quand j’avais 19-20 ans ne compte pas vraiment. En rentrant dans le studio de ballet encore une fois à 30 ans, je n’avais pas plus que quelques mauvaises habitudes depuis longtemps empreintes dans la mémoire de mes muscles.

J’ai appelé mon Abuelita après ma première classe, pour lui raconter comment j’ai célébré mon premier cours en tombant dans les pommes. Oops. Ma grand-mère, elle-même ancienne danseuse de ballet jusqu'à son mariage, trouvait cette histoire très hilarante ( 😭 ) même si elle m’a dit, après quelques rires ricaneurs, qu’elle était quand même fière de moi, et qu’elle espérait que j’y retournerais.

Un tout premier selfie dans le studio avant mon cours, le 19 octobre 2021. Je commençais tranquillement à trouver un peu plus de force et de confiance.

Je me souviens très bien de ma honte après ce premier cours. J’avais décidé en août de 2021 que puisque j’étais en meilleure forme depuis longtemps, qu’il était temps que je réessaye le ballet, mais j’ai quand même réussi à perdre connaissance. Heureusement, ça ne m'a pas empêché de retourner la semaine suivante. En regardant à travers mes entrées sur le ballet dans mon journal, je trouve que c’est sur le plan mental que j’ai vraiment progressé. Quand j’ai commencé le ballet, j’avais peur de respirer trop fort en classe, puisque je ne voulais pas avoir l’air d’être en mauvaise forme. J’avais aussi peur de porter le maillot et les collants, j’avais peur de faire des erreurs, j’avais peur de lâcher la barre et de perdre mon équilibre, et surtout j’avais peur de perdre connaissance et, encore une fois, interrompre la classe.

Un autre évènement est à noter depuis que j’ai (re)commencé le ballet le 3 août 2021. Un mois exactement plus tard, le 3 septembre, j’ai finalement reçu un diagnostic fonctionnel d’endométriose et on m’a commencé sur une pharmacothérapie qui prend en compte ma situation cardiaque. En mi-octobre, les médicaments ont commencé à prendre effet, et j’ai commencé à m’inscrire à plusieurs cours de ballet par semaine. En novembre, je faisais un minimum de trois cours par semaine, et la douleur intense dans mon genou droit qui me suivait partout depuis un accident quand j’avais 14 ans a disparu. Même si j’ai momentanément perdu conscience pendant un cours encore une fois en novembre, j’étais quand même capable de poursuivre le cours après une courte pause. Si j’ai encore des journées où la douleur est intense et que je dois tout arrêter, pour la première fois depuis 2013 ou 2014, mes bonnes journées surpassent mes mauvaises.

Une photo de moi dans une pose amusante (ignore mes mains!!!) dans un des studios de l’École supérieure du ballet du Québec.
Une photo où je m’étire à la barre, pour essayer de convaincre mes jambes qu’on va avoir du fun ensemble...

Quand je parcours les pages de toutes ces entrées sur le ballet dans mon journal, une transformation psychologique est complètement évidente. Petit à petit, la joie commence à montrer le bout du nez. J’ai vraiment adopté le mantra: « Ce n’est pas que je dois aller au studio, c’est un cadeau de pouvoir être au studio. » Tout ce temps dans le studio m’a également permis de revendiquer un mot en particulier: celui d'athlète.*

Mais j’ai seulement commencé à sentir que j’avais le droit d’être dans le studio quand j’ai commencé des cours particuliers de ballet. À cause d’une reprise temporaire du confinement dans ma province, mes cours réguliers ont dû être reportés pendant 5 semaines. J’avais très peur de perdre tout mon progrès (ainsi que ma soupape la plus importante pour ma santé mentale après 18 mois de confinement et d’isolation sociale pas mal stricte). C’est mon conjoint qui m’a convaincu de commencer des leçons privées. Comme j’ai écrit dans mon journal le 6 janvier de cette année: « j’ai vraiment peur que j’ai pas assez de flexibilité ou de talent ou de force ou de connaissances pour avoir le droit à une classe privée, mais Leif m’encourage d’y aller. J’espère que c’est juste le syndrome de l’imposteur. » En effet, c'était le syndrome de l'imposteur. J'ai suivi des cours privés, et l’expérience a été (et est) inestimable.

Une photo de Zoé et moi pendant une leçon privée. Elle m’expliquait ici pourquoi je perdais mon équilibre sur relevé, et comment je devrais répartir mon poids à travers mes métatarses des pieds. Tout est toujours dans les détails!
🩰
Zoé, mon coach ballet, est formidable: va lui donner tous les cœurs et follows sur Instagram ici!

Faire du ballet plusieurs fois par semaine, avec quelques semaines manquées ici et là à cause d'interventions à l'hôpital ou des trucs de famille, pendant une année m’a révélé beaucoup de choses sur mes propres capacités, ma résilience, et ma discipline (j’ai de la discipline!? moi!? shocked Pikachu face). Pendant très longtemps, j’ai regardé ma situation dans une résignation totale. Je croyais les pros de la santé qui me disaient pendant plus de dix ans qu’une amélioration ne serait jamais possible. Je croyais aussi que me remettre en forme physique serait impossible, puisque ma santé s'assurerait de me mettre tous les bâtons envisageables dans les roues. Le meilleur exemple qui a prouvé le contraire? À la fin des cours de ballet, on quitte la barre pour revenir au centre et pratiquer des mouvements sans le support de la barre à travers la diagonale. Je redoutais le centre l’automne passé, que ça soit un adage lent ou des valses ou des petits sauts ou des grands sauts. La semaine dernière, j’ai réalisé qu’aujourd’hui ma partie préférée de mes cours est à la toute fin, quand on est finalement assez échauffé pour pratiquer des grands jetés à travers la diagonale. Transformation totale!

J’ai très hâte de découvrir ce qu’une deuxième année de ballet m’apprendra. Je vous tiendrais toustes au courant, promis!


* C’était aussi en regardant ce court vidéo enregistré par l’ancienne patineuse artistique professionnelle Berlin Page sur son Instagram qui m’a fait réaliser que même si, aujourd’hui, je suis loin d’être l’athlète que j’étais ado, je n’ai pas besoin d’avoir peur du mot « athlète ». Mon engagement à ce sport compte, même si je n’aurai jamais un niveau professionnel, évidemment. Et c’est aussi un petit hochement de la tête de reconnaissance vers l’ado que j’étais qui a vu son parcours dans le monde des sports prendre quelques étranges virages...

Une photo de moi à la barre pratiquant un retiré sur relevé pour vérifier que je tiens bien mon en-dehors. Je vais devoir me rappeler que j’ai besoin de prendre des photos plus intéressantes pour mon billet l’année prochaine…

Gersande La Flèche

Gersande La Flèche

De jour je conseille ma clientèle sur la rédaction, révision & je traduis à la pige de l'anglais au français. La nuit (ou à l'aube, je suis matinalę) je griffonne poésie et histoire, en buvant du thé!
MTL // Tiohtià:ke